Même si la réouverture n'a lieu que le lendemain de Noël, le sapin trône dans le lobby pour accueillir les clients comme il se doit.
Même si la réouverture n’a lieu que le lendemain de Noël, le sapin trône dans le lobby pour accueillir les clients comme il se doit. (© Le Pays d’Auge / Sophie Quesnel)

Samedi 26 décembre 2020, l’hôtel Normandy Barrière une Deauville (Calvados) sortira de sa torpeur pour recevoir à nouveau ses clients dans des conditions d’accueil particulières à cause de la crise sanitaire. Moins de chambres, davantage de services pour pallier l’absence de bar et de restaurant.

«La pire année de son existence»

Lors de son inauguration en 1912, les chroniqueurs le présentaient comme le plus bel hôtel du monde. Depuis, le Normandy, dont le succès n’a jamais connu de pause, n’avait fermé qu’une fois, en 2015, pour des travaux d’embellissement.

Le vaisseau amiral du groupe Barrière vient donc de vivre la pire année de son existence, et son équipage, qui a dû débarquer à deux reprises, s’apprête à reprendre la mer pour une croisière d’une semaine à l’occasion des fêtes de fin d’année. En attendant, l’hôtel se métamorphose pour s’adapter aux contraintes sanitaires régissant les conditions de sa réouverture.


Encore plus impressionnant

Dans le hall, des draps blancs protègent encore les fauteuils en velours vert. Privé de l’effervescence habituelle période de fêtes, l’hôtel endormi paraît encore plus grand, plus impressionnant.

Le majestueux sapin tout juste décoré est pourtant annonciateur d’une résurrection. Plus que quelques jours et la porte tambour tournera comme un manège, les chambres s’ouvriront, les couloirs résonneront de bruits de pas malgré l’épaisse moquette… la vie reprendra.

Une situation inédite

«Il a fallu s’ajuster sur une crise que nous n’avons jamais connu, confie Cyril Casabo, directeur de l’hôtel. Mais nous sommes une destination saisonnière, le flux et le reflux font partie de la culture de l’établissement. Les équipes sont rodées aux protocoles de fermeture qui laissent les hôtels «à blanc» ».

Avec, à la baguette, Mathieu Motte, le directeur exécutif du Normandie et de son équipe, au grand complet, les différents services se réveillent les uns après les autres. La coordination de la reprise s’est faite par visioconférence avant le retour de chacun sous les plafonds à moulures.

Calme plat

Dans le bar, vidé ou presque de tout mobilier, Marc Jean, le bouillonnant chef barman attend fébrilement de recouvrer l’agitation habituelle: «vous voyez, dit-il en pointant du menton l’entrée, aujourd’hui, je devrais être là, au milieu les clients à trouver une table pour les uns et faire patienter les autres ».

Marc Jean, le chef barman.
Marc Jean, le chef barman. (© Le Pays d’Auge)

Mais cette année, pas de pause chocolat chaud au milieu des cours de Noël. Le bar propose uniquement un service de vente à emporter de boissons chaudes ou non, crêpes, gaufres, panini à la pâte à tartiner, pain d’épices et, bien sûr une sélection de cocktails.

Nouveau poste de commandement

La dernière fois que le restaurant La Belle Époque avait été chamboulé à ce point c’était pour le tournage d ‘Hôtel Normandie, le film de Charles Nemes. Aujourd’hui la grande salle s’apprête à faire office de poste de commandement. Les tables ont été savamment empilées sous la véranda pour faire place aux 90 «roulantes» dont le ballet débutera dans les étages dès samedi à l’heure du déjeuner. Le service de chambre qui d’ordinaire représente 25% du service restauration sera légion pour une semaine.

Les 90 «roulantes» attendent le top départ.
Les 90 «roulantes» attendent le top départ. (© Le Pays d’Auge)

Antoine Le Galleu, directeur de la restauration, le souligne, «une des qualités premières de nos collaborateurs est de savoir s’adapter à toutes les situations». Les employés sont presque rompus à l’exercice, ils ont déjà participé à l’application stricte des règles sanitaires cet été.

Une fourmilière abandonnée

Dans les couloirs bien silencieux, les 31 femmes de chambre ont représailles du service. Même si les étages sont encore déserts, elles ont revêtu leur uniforme et veillent, sous la houlette de Carole Le Quellec, à ce que règne la perfection, du sol au plafond. La gouvernante générale est intransigeante et soigne l’application des mesures sanitaires. Les chambres, elles aussi, ont dû s’adapter et de nombreux objets de décoration ont été remisés tout comme les livres qui peuvent se transformer en vecteur de virus.

Dans la fourmilière abandonnée, chacun s’active dans son coin avant de se mettre au diapason pour accueillir les premiers clients dès le lendemain de Noël.

Les petits plats dans les grands

L’hôtel Normandy Barrière est un élément indissociable de la vie deauvillaise. Véritable locomotive d’une partie de l’économie locale, sa réouverture était indispensable. L’accès reste réservé aux clients pour qui les petits plats ont été mis dans les grands au sens propre comme au figuré.
Ainsi, le room service propose les «signatures Barrière», comprenez les spécialités qui ont fait la réputation de ses différents restaurants à la station. Et pour compléter le volet gourmand, le groupe a fait appel à Christophe Adam et ses pâtisseries à fondre de plaisir.
Pour les familles et les sportifs, le Pôle international du cheval proposant aux hôtes du Normandie des initiations au polo, des balades sur la plage…

Avis :
4.6 out of 5 stars (4,6 / 5)
Catégories : Blog